Carnet du Projeteur

Mes galères pour dessiner le ferraillage béton armé sur logiciel

Écran d'ordinateur affichant un plan de ferraillage béton armé en cours de dessin, apprentissage du DAO pour une débutante en reconversion bâtiment

Six onglets de calques ouverts en même temps sur mon écran, et je ne savais plus lequel appartenait à quoi. C'est à peu près à cet instant que j'ai compris que dessiner le béton armé sur logiciel n'a rien à voir avec le comprendre sur le papier. Depuis que j'ai quitté mon poste de bureau pour cette reconversion vers le dessin de bâtiment, mes soirées ressemblent souvent à ça : une débutante en ferraillage, seule devant son écran, qui essaie d'apprendre le DAO à la dure, une erreur de calque après l'autre.

Petite précision avant d'aller plus loin : certains liens de ce carnet sont des liens d'affiliation, et si vous cliquez puis achetez, je touche une petite commission sans que votre prix change. Je ne parle ici que d'outils que j'ai vraiment testés pendant mes soirées de galère, pas de trucs qu'on m'a demandé de vanter.

Copier un bloc de ferraillage sur un forum : la fausse bonne idée

Un soir, sur un forum de dessinateurs amateurs, quelqu'un a partagé ses propres blocs de ferraillage tout prêts, et je me suis dit que j'avais trouvé le raccourci parfait. Coller ses cadres dans mon fichier, sans me poser de questions sur les calques qui allaient avec, ça semblait plus rapide que de tout redessiner moi-même. Les barres sont arrivées sur le mauvais niveau, invisibles à l'impression, et pendant un long moment je n'ai rien compris à ce qui clochait. J'ai fini par laisser tomber cette piste et par relire, cahier ouvert à côté du clavier, ce glossaire des termes du ferraillage, parce que la moitié des mots du forum me passaient au-dessus de la tête.

Dans le groupe en ligne où je traîne pour les débutants du dessin technique, une autre membre, Ombeline Savard, poste ses propres captures d'écran d'erreurs sans aucune honte. Elle apprend Revit de son côté, moi AutoCAD, mais voir ses ratés affichés aussi crûment que les miens m'a un peu réconciliée avec l'idée que personne ne comprend les calques du premier coup.

Détail d'un dessin de ferraillage béton armé encore brouillon, calques mal organisés typiques d'un apprentissage DAO en solo

Deux plans superposés à la bibliothèque Simone-de-Beauvoir

À la bibliothèque Simone-de-Beauvoir, à Rouen, je m'installe parfois en sortant pour avoir deux heures sans personne qui frappe à la porte. C'est là, un soir, que j'ai superposé mon plan du jour à celui de la semaine précédente, presque par réflexe, pour comparer mes cadres. Une file de barres partait dans le mauvais sens par rapport à l'axe du plan, et je l'ai vue toute seule, avant même d'envoyer le fichier à mon formateur. Personne ne me l'a signalée. C'est la première fois qu'une erreur de ce genre me sautait aux yeux sans que quelqu'un d'autre me la pointe du doigt.

Chez moi, ce genre de concentration tient rarement plus de vingt minutes. Guillemette, ma voisine de palier, frappe régulièrement quand elle a trop cuisiné et propose une part sans faire de cérémonie, ce qui casse toute tentative de session studieuse mais qui, je dois l'avouer, me manque un peu les soirs où je m'isole à la bibliothèque à la place.

Un gabarit à la place de mes blocs bricolés

Ce qui a vraiment changé, ce n'est pas ma compréhension du ferraillage en soi, c'est le fait d'arrêter de vouloir tout réinventer avec des blocs ramassés ici et là. Un gabarit structuré fait le travail que je tentais de bricoler à la main : au lieu de composer chaque cadre moi-même, j'ai commencé à utiliser le gabarit complet GCA armatures, et les calques se sont enfin rangés dans un ordre qui tenait debout. La nomenclature qui récapitule mes barres se met à jour sans que j'aie à tout recopier à la main, ce qui, comparé à mes soirées de copier-coller, ressemble presque à de la magie domestique.

D'autres chantiers de mon apprentissage attendent encore sur ma liste : je n'ai toujours pas touché au dessin de VRD, je n'ai jamais ouvert de routine LISP pour automatiser quoi que ce soit, et fabriquer mes propres blocs dynamiques reste un projet pour un soir où j'aurai plus de patience. Un jour, peut-être.

Nomenclature d'armatures béton armé enfin organisée grâce à un gabarit DAO, résultat d'un apprentissage de dessin de ferraillage en reconversion

Dessiner le béton armé avec un peu plus de méthode

Sur AutoCAD, cette histoire de gabarit a changé la manière dont j'aborde une session entière, coffrage compris, parce que l'un ne va vraiment pas sans l'autre. Si vous galérez sur cette partie-là aussi, j'ai raconté ailleurs comment apprendre le dessin de coffrage béton après le travail sans y laisser toute sa patience.

Le cartouche, ce petit cadre en bas du plan avec les infos du projet, continue de s'imprimer de travers plus souvent que je ne voudrais l'admettre, et je sais qu'il existe des façons de régler l'échelle proprement avant l'impression, mais je n'ai pas encore pris le temps de m'y pencher sérieusement. Avec le pack GCA, en tout cas, mes nomenclatures d'armatures ne partent plus dans tous les sens, et je commence tout juste à regarder comment utiliser un gabarit autocad coffrage béton pour la suite, parce que gagner du temps sur un front pousse à vouloir le faire sur l'autre.

Ma reconversion en dessin de bâtiment ne suit aucune ligne droite

Une reconversion, ça n'avance jamais en ligne droite, et la mienne vers le dessin de bâtiment ressemble plus à un patron de couture repris trois fois qu'à un plan bien ficelé du premier coup. Certaines semaines, j'ai l'impression d'avancer ; d'autres, je referme l'ordinateur en me demandant si je comprendrai un jour vraiment ce que je fais. Ombeline, dans le groupe, dit la même chose de son côté avec Revit, ce qui aide à relativiser.

Ce soir, en tout cas, l'infusion est froide, mes yeux piquent, et pour la première fois depuis longtemps je n'ai pas cette boule au ventre en refermant l'ordinateur. Le ferraillage ressemble un peu moins à un plat de spaghettis qu'au début.

Ce qui vous a fait perdre le fil sur vos premiers plans

Je serais curieuse de savoir si d'autres débutants ont eu ce même moment où un détail bête, un calque mal nommé, une case décochée, a fait dérailler des heures de travail. Racontez-le-moi, ça me rassurera peut-être autant que les captures d'écran d'Ombeline.

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